Le couloir de la maison est sombre et frais en ce dimanche midi du mois de mai. Aurore descend les escaliers doucement pour ne pas trébucher. Elle va mettre les sacs dans l'entrée, ce sera prêt pour l'heure du départ.
Ce fut un week-end délicieux. Trois mois qu'elle n'avait pas vu ses parents et ça commençait à lui manquer. Luc est - encore - parti détecter avec son père. Dans des champs pourtant plein de pousses ! Ils ont peut-être ramené leur trentième fer à cheval ! Deux pièces de monnaie vertes et une jolie boucle de ceinturon ont retenu l'attention de la famille pendant le café. Livres d'art et dictionnaires dégainés, le trésor de la famille semblait peser dans la balance. Aussi lourd que l'orgueil de ces messieurs. Ou la somme de terre amassée sous leurs bottes.
Et puis il y eu la lecture dans le jardin, au soleil, avec mamie. Le lilas mauve servant de parasol et diffusant son odeur apaisante. Faute de lire, les femmes se mirent à bavarder. A parler des hommes surtout. De Luc aussi.
En posant les sacs à côté du portemanteau, Aurore pensait à cette discussion avec un peu de tristesse. C'était pas facile d'admettre que deux générations avant elle, voire mille générations avant elle, on avait appris à lire entre les lignes de ce que les couples veulent bien offrir à leurs proches. Les jolies chaussures en agneau de mamie avançaient vers sa main à ce moment. Elle ne leva pas les yeux et vit que mamie récupérait son livre de chevet qui glissait de la poche extérieure de son sac.
Je l'aimais d'Anna Gavalda. Mamie regarda Aurore tranquillement, avec un sourire triste et profond que seul l'âge peut donner à un visage.
"- Il ne faut pas lire ce genre de choses en ce moment ma chérie. Trouve-toi un autre livre."
Elle sourit et rangea le livre à l'intérieur du sac. Fermeture-éclair tirée.
Le voyage en train fut monotone. Luc s'assoupit rapidement tandis qu'Aurore faisait déjà le planning de sa semaine. De retour à l'appartement, ils ouvrirent toutes les fenêtres et tentèrent de feindre le bruit de la circulation qui s'engouffra alors dans les pièces. Aurore revint vers la cuisine et machinalement, elle regarda la bibliothèque.
Ensemble c'est tout d'Anna Gavalda. Le livre semble lui tendre les bras.
"- Tu devrais peut-être lire celui-ci pour le moment ma chérie, se dit-elle en son for intérieur."
dimanche 18 mai 2008
Variations autour d'un thème
mercredi 14 mai 2008
demandez l'programmm'
Il a écrit un album rock. Pas de simple rock comme le ciel en déverse aujourd'hui entre jean slim et néo-folk. Il a écrit un album rock, en français et ses textes contestent, souillent, exècrent et gueulent.
Ca lui a fait du bien, elle, d'écouter çà. Elle a aimé ce son remonté des tréfonds libertaires. Elle a aimé mais elle n'écoutera plus. Parce qu'au lieu de se laisser séduire par cet album, la couche d'insouciance politique qu'elle a emmagasiné ces derniers temps l'anesthésie. Et si elle écoute à nouveau ces textes, elle sait qu'elle les aimera moins. Ils la rendront triste. Triste de qui elle devient et triste que cet album ne soit pas sur les étagères de tous ses potes.
Il serait sûrement déçu et interloqué d'entendre ce que pense cette fille de son album. Il ne l'aimerait peut-être pas. Comment est-il possible que la lutte et la révolte soient partis ? Si aucun partis ne valent, il est toujours possible de n'en créer aucun !? Exceptés le dégoût, le manque de foi et l'insouciance, tant d'états immoraux et contre-révolutionnaires ravageurs.
vendredi 9 mai 2008
Je vais te fumer derrière les cyprès
Elle a lancé, sous Word 98, un tas de billets la class'. Avec le titre et les horaires en mode Word Art. Tout Les Troisièmes sont au courant et vont sûrement venir. Trop bien ! Manu aura du sheet. José, Céline, Jérémy et Djiloul sont d'accord pour jouer de 21h à 22h, leur concert Funk (Alliance Ethnic) et même Jean-Marc et Ludo, les profs de musique et de biolo passeront aussi ! Si ça se trouve Stef', la prof d'espagnol sera là aussi. "Elle est trop cool : elle a un piercing dans le nez".
Elle embrouille ses vieux pour réserver la salle des fêtes du centre de formation EDF de Gurcy-le-Châtel. Elle claque le peu d'argent qu'elle a en beuh-plairsir-d'offrir(c). Elle monte une playlist de ouf et passe quatre soirées à graver du Cd.
La soirée débute. Débardeur mauve et baggy vert foncé. Les cheveux lui tombent jusque sous les fesses. 15 ans et une envie de faire la teuf pas commune. La minette tourne autour de la salle. "Hey, qu'est-ce que vous faites là.... oh non, bordeeellll...." Les deux loulous, sortis d'on ne sait où, se roulent un speef sur un banc. Des quatrièmes qu'elle ne connaît pas... Arrff. Temps d'hésitation, smiles, c'est bon. La blague était là juste pour paraître cool. Ils enchaînent l'atelier, fredonnent un bout d'Assassin et passent le spleef.
Près du grillage du cours de tennis, derrière la salle, il y a Jean-Marc, Ludo et Steff ! Les profs sont là. Grande fierté de minette de 15 ans. Elle reste pour entendre les ragots scolaires des mecs qui auront ou pas, leur brevet !!! Et puis voir un peu les copines de classe draguer et tester leurs premières méthodes pendant qu'elle... Elle pense au stock de Coca(c) et de beuh-plaisir-d'offrir(c).
Il fait chaud. Dedans ça danse. Tout Les Troisièmes sont là tôt. Ca commence à se fighter dehors et à s'emballer dedans. Elle a gagné ! Une putain de bonne soirée d'ados. Avec battle de pas hip-hop sur NTM et I'Am. Un vieux slow qui va bien avec Scorpions. A coup sûr, c'est la reine du collège pour une semaine !
Elle ne trouvera pas de petit copain. Les mecs c'est bon pour être partenaires de conneries ! Elle jouera beaucoup. Avec ses potes, avec la loi, avec la musique, avec son corps... Mais elle finira la nuit vers 3h (Wouhahou !) à passer la serpière. Chauffer Omar pour savoir qui a volé le stromboscope. A stopper la consommation de bière mais à encourager un dernier pêtard.
"Ouaip. Old School mes amis. Comme une envie, avec le soleil qui revient, de devoir passer mon brevet et d'avoir 15 ans. Envie de découvrir James Brown, Jacques Brel et PierrePolJack dans la même année. Envie d'insouciance et de gloire de cours d'école. Un vent de nostalgie bien enfouie sous les année souffle ce soir avant de rejoindre un coin branché !... Envie de remonter les aiguilles..."
lundi 18 février 2008
Les apparences sont trompeuses
Une bande de loulous wesh-wesh, tout de survêt' béants vêtus, baskets et gros pêtards ostensibles, en train de faire les zouaves en haut d'un container à verres usagés, donne envie de rentrer la tête dans les épaules avant d'arriver à leur hauteur.
Une fois à leur hauteur, la poésie prend le dessus. Car en guise de quelque connerie à faire, ils montent tour à tour pour se rapprocher des oiseaux qui nichent dans les tilleuls. Chacun y va de son sifflet pour discuter avec les oiseaux. Celui qui y arrive reccueil un silence respectueux. Celui qui ni parvient pas se fait vertement charier. Je jouais à ça moi aussi... C'était gentil, c'était bien !
Un lapin nommé Larsen devrait aimer toutes musiques criardes. Mais, test à l'appui, celui-ci mord les chevilles, tape de la patte et dresse les oreilles d'un air renfrogné à la première note d'un James Brown ou d'une Janis Joplin ! Triste histoire du lapin mal nommé...
Le club, comment dire ? THE club parisien, dont tout le monde parle en long, en large et en travers. Une fois exploré, n'est ni plus ni moins que le rendez-vous des vieux beaux, des belles jeunes et uniquement belles et uniquement jeunes, des Djs en herbe un peu perdus et des Djs reconnus un peu ailleurs. Une sombre boîte de campagne en somme...
jeudi 17 janvier 2008
On lève le voile
"Rrhhôôoo chouette ! Une soirée spéciale "Faites entrer l'accusé" ! "
lundi 7 janvier 2008
Rétrospective
En 2007, pas mal de p'tits riens n'ont pas trouvé de forme narrative.
En voilà donc une liste non-exhaustive de ceux qui traînent encore dans mon carnet et ne seront jamais remodelés :
- Un ethnomusicologue m'a appelé personnellement directement cash çà comme, pour dire des choses gentilles,
- Un marinier hongrois tout saoul, s'est effondré en larme dans mes bras, dans un square, à 3 ou 4 h du matin, dans une ville-frontière entre la Slovaquie et la Hongrie,
- Tous les vélos / Vélib' utilisés cette année ne m'ont jamais amené à bon port... je persiste. Je sors de "Valmy Cycles" à l'instant,
- On ne m'a jamais autant critiqué que cette année. Et dans le même temps, je n'ai jamais accomplie autant de choses bonnes pour mon avenir,
- Les bacs à fleurs publics de banlieue ne sont pas les talus de campagne. Qu'importe ! Ils ont fleuri mon appartement une bonne partie de l'année,
- Chez Truffaut la majorité des articles n'ont pas d'antivol,
- Un pote du lycée et une pote du collège ont croisé mon chemin par hasard et on a pas fait semblant de ne pas se voir ! Au contraire,
- J'ai incendié une fille, pardon, une sorcière, comme je n'avais jamais passé mes nerfs sur quelqu'un,
- J'ai vécu avec une lapine qui ronflait plus fort qu'une machine à laver,
- Avec Nicolas, j'ai poursuivi Jacques Higelin en voiture,
- Un bébé est tombé de sa poussette sur le quai du RER au départ, sous mes yeux et je n'ai rien fait que de les ouvrir grand. C'est un grand mec qui a tiré le signal,
- J'ai mangé un testicule de coq.
Voilà. Ça c'est fait. Rien de bien intéressant... Peut-être 2008 apportera-t-il plus de temps et d'inspiration pour sortir les p'tits riens en histoires ?
mardi 18 décembre 2007
La vie d'artiste
Déjà à 16 ans il jouait dans un groupe au lycée et organisait des concerts au PMU du coin pour faire danser ses copains et cracher son inspiration divine à la gueule du monde.
Aujourd'hui il a l'assurance tranquille du compositeur averti qui chiffonne un texte sans scrupule. Sans se dire qu'il n'écrira peut-être rien de mieux d'ici trois mois. Tranquille et anxieusement vibrant. Telle est la condition de l'artiste musicien.
Car aujourd'hui il sait peut-être jongler avec cette fille de pute d'inspiration, mais il se sent tout nu devant un public et baigné dans la chaleur d'un projecteur.
Aujourd'hui ses seuls piliers sont les danseurs de la salle. Bourrés ou non. Le chanteur s'accroche à ces silhouettes qui vacillent et lui rendent un écho réconfortant.
Et oui. Au commencement d'une vie d'artiste musicien, l'espoir et la jouissance se résument à quelques ombres vacillantes...
Qui dira que la vie d'artiste est bohème, vin et fête mentira. La vie d'artiste ne tombe pas toujours comme une cuillère en argent dans la bouche. Et souvent elle demande à s'accrocher aux ombres.
jeudi 22 novembre 2007
Pas pieds collants
Certains peuvent avoir une famille nombreuse. Et ceux là comprennent l'élan, quasi instinctif, de vouloir offrir un calendrier sympa pour telle ou telle personne de la famille, en guise d'étrennes. Et nous même nous pouvons craquer à cette occasion pour le carnet de sac ou l'agenda funky de l'année à venir. Bien sur ! Les petits papiers c'est agréable, c'est beau. Et c'est un cadeau facile mais sympa, pour lequel il est aisé de céder...
Bien qu'au fond de nous tous, nous sachions que le calendrier en 40x60 des mois de 2008 à la sauce période bleue de Matisse, sera détrôné par le calendrier des pompiers. Plus pratique. Avec l'éphéméride indiquée. Que l'on découvre chaque matin avant d'ouvrir la porte du frigo, dans l'appartement de tel ou tel frère ou tante.
Et même pour nous-mêmes !! Combien ne videront pas 1001 post-it(c) du bloc multicolore de son bureau, cette année encore, pour noter 1001 rendez-vous et numéros divers et variés ?
A quoi bon ? A quoi bon aimer les beaux agendas si l'on s'arrête - jour après jour - à la première page de ceux-ci pour y décoller les derniers :
Rdv chez Véto. 10h30 sam. / 067890§'243(§ Matthieu / 46, bd oui théière 08644 Hey / Houmouh, électro dub cool (nova 01h34 dim.) / ...
Invariablement, la nouvelle année nous rappelle que le temps s'effeuille et se lira. Et invariablement nous fermons les yeux sur cette course. Préférant des messages furtifs, collants et jetables, sur couleurs criardes, amassés dans le nid chaud et sûr de la première page d'un agenda.
samedi 10 novembre 2007
11 Novembre...

Les derniers jours de l'armistice de la Première Guerre Mondiale sont comptés ! (Quelle phrase débile à prononcer autant qu'à lire...)
Comme chaque année, les médias nous annoncent cet événement de recueil et de mémoire en donnant l'argus des Poilus en France ! Cette année ils ne sont plus que 2 donc. Je vous l'annonce au cas où cela vous aurait échappé.
Si ces 2 grands hommes quittent cette terre dans l'année, est-ce que l'on réinventera une nouvelle façon de parler du 11 Novembre ? Avec des analyses européennologues ?... Ou le 11 Novembre deviendra-t-il la simple Saint Martin ?
En attendant, il ne s'agit là que d'un petit rien de plus. Car moi-même je confonds volontiers les dates de la Toussaint et de cet armistice ! C'est moche l'histoire. (avec un petit H)
Le 11 Novembre reste pour moi le jour de mon arrière-grand-père (dont j'étais la chouchoute... bah vi Facile ! Je ne parlais pas encore quand il nous a quitté...) mais aussi le jour ma Dolo chérie ! Anniversaire de la naissance d'une boule d'énergie et d'amour qui m'impressionne et me fait tant de bien...
Bon dimanche les gens ! Une semaine de lutte et de galère nous attend !
mercredi 31 octobre 2007
Les monstres montrèrent leurs têtes
Il n'y avait plus rien à manger dans le placard. Plus de riz, plus assez de coquillettes, plus de soupe lyophilisée... La déche quoi !
Elle retourna dans sa chambre et fit mine de ne pas avoir faim pour mieux se concentrer sur la série qu'elle dévore actuellement. Oui mais voilà, les lois du ventre étaient trop fortes. Alors elle regarda à nouveau dans le placard et vit alors le filet à pommes de terre !
Alleluia ! Une bonne purée maison ! Mais voilà ce qui fera plaisir au palais, au ventre et à l'esprit ! Ca vaut mieux que de dévorer des DVD.
Mais les monstres montrèrent déjà leurs têtes. "Oooooh non. Pas ça, par pitié !" se dit-elle. Des sueurs froides la traversa. Ses mains se mirent à trembler et son ventre se noua si fort qu'elle n'arriva plus à déglutir sa salive. Les frayeurs d'enfance, toutes ensemble réunies, convergèrent vers son esprit.
Les pommes de terre avaient des germes.
Résignée et consciente que ces peurs étaient futiles, elle attrapa le filet à pommes de terre. Elle en sorti 7. Les prenant du bout des doigts et détournant le regard.
Et puis, rapidement, sans réfléchir et en retenant sa respiration, elle se mit à charcuter ces putains de germes dégueulasses.
On aurait cru entendre les bruits d'un match de tennis féminin ce soir là dans sa cuisine. Quelle violence ! Quelle acharnement !
Sauf qu'il s'agissait d'un film d'horreur du genre : "La faim, la déche et les monstrueux germes".
lundi 29 octobre 2007
Liste inutile de choses qui énervent
• Une collègue qui boit son thé en faisant des grands sluuurpps
• Avoir un néon dans ses toilettes
• Une conversation téléphonique coupée
• Un train qui part sous nos yeux
• Ne pas avoir de répartie après une phrase raciste
• Que les personnages de Six Feet Under aient de moins en moins d'hallucinations
• Avoir un voisin qui bat son chien
• Que Mappy se soit encore fourvoyé
• Qu'on ne nous ait pas diiiiit !
• Casser la fermeture éclair de son sac de voyage dans le train
• Ne pas réussir à
• Parler à quelqu'un qui crâne
• Un vin bouchonné
• Le ronron du frigo
• S'être coupé un ongle trop court
• Avoir envie de faire pipi quand on est dans une file d'attente
• ...
jeudi 25 octobre 2007
Toxic inspire...
S'en est trop !
Je n'arrive plus à compter le nombre de reprises du titre pop "Toxic" de la seule star a monde dont les fans proposent, en guise de soutien, le boycott de son album !
Voilà un aperçu de ce que devient une bonne mélodie...
Vs Marc Ronson...
Vs Yael Naim...
Vs GeOrgie (plus improbable)...
Vs Stevie Ann (plus facile)...
Mais la version qui me pousse à écrire ce post est celle de Yaron Herman*.
A la façon de Monty Alexander, ce pianiste de talent reprend le titre pop de Britney pour en faire un moment de jazz lugubre et enflammé... toxique ! (c'est trop facile)
Bien évidemment, hormis sur les ondes 89.9... On ne trouve pas sa reprise sur le net.
Excepté >là<
* A Time for Everything Avec Gerald Cleaver (drums), Matt Brewer (bass) Label LABORIE Jazz – Distribution Naïve - Sorti le 1er octobre 2007.
vendredi 5 octobre 2007
Boite automatique
Que vivent les machines et leurs programmes ! Sans son Palm, Stéph' oublierait l'anniversaire de son frère. Sans un bon R.I.B., l'entreprise de crédit à la consommation oublierait les mensualités de Dolo. Sans son bip à rayons ultraviolets, Rachid devrait fermer ses portières une par une.
Toutefois, le progrès et ses automatismes font monter une complainte venant des masses. Au rayon informatique, il est quelques tâches assistées dont, soyons-en certains, le commun des mortels souhaite se passer !
Pour exemples :
- La saisie intuitive des cellules de calculs Excel,
- La saisie automatique des formulaires web,
- Qu'I-Tunes veule toujours importer le CD en lecture,
- Les mises à jour infernales et encombrantes,
- L'ouverture de Messenger, Skype, Outlook, en un même temps certain,
- Les inscriptions aux newsletters,
- Qu'Amazon prévienne avant la banque que ta carte est périmée,
- Les mises en forme Word que l'on applique à une page, un saut de section, tout bien comme il faut... et qu'invariablement, au bout de 4 enregistrements, c'est la merde dans tout le document !
- Les astuces du jour du banc de montage,
- Les pop-ups bloquées qui poursuivent ta souris,
- ...
À grands coups de cases à décocher, voilà un singulier combat que notre génération mène pour reprendre un peu le contrôle de sa voie. Lutter contre les automatismes relèverait presque de la lutte sociale.
samedi 29 septembre 2007
Le début de la fin...
Il avait un râle. Quand ils mangeaient ensemble, elle entendait bien ce souffle bizarre. Et puis toutes ces blagues autour de la mort. Autour d'hypothétiques cancers, d'on ne sait quel virus de l'aire. Elle se disait que la retraite n'était pas drôle. Pas plus, pas moins que la vie active. Que c'était la vie quoi ! Avec les parcours, les souvenirs et les freins propres à chacun.
Elle entendait un râle. Un ras-le-bol, un ramassi de conneries, d'incongruités. Elle entendait un râle et elle ferma les yeux pour mieux respirer. Et sans son, sans lumière, sans bruit... Au bout d'un certain temps... Elle entendit... Comme une bouilloire sifflant dans la rosée du matin anglais. Comme une sirène d'ambulance dans les rues de New-York à 4h. Comme un coup de vent à la pointe du Raz. Comme, comme une émotion trop forte pour la physique et la biologie. Comme l'appel d'air que fait la porte vers la 4ème dimension dans les séries B américaines. Comme çà.
Il avait un rassurant effet sur quelques vies. Que deviennent-elles dans cette morbide rafale ? Ces vies sur lesquelles il râlait, il raccrochait mais il rassurait... Que deviennent-elles maintenant ?
vendredi 28 septembre 2007
Le Poil !
Le ronron de l'aspirateur traîne sa monotonie sur le parquet de la voisine du dessus. Encore et encore. Mais que peut-elle bien avoir chez elle qui salisse le sol au point de devoir passer l'aspirateur chaque matin ? C'est peut-être qu'elle garde son neveu asmathique et allergique ? Non. Personne ne lui laisserait un enfant, maladif de surcroît, en garde se dit-elle. Elle la voit davantage avec deux ou trois chats. Hummm... oui ce doit être cela ! Et avec cet automne qui avance, ses chats doivent perdre leurs poils. Et alors, comme elle doit avoir un intérieur cossu et rempli de tentures, cela demande un entretien régulier pour éviter une crise de nerf devant les doux moutons de poils de chats qui dérivent aux courants d'air.
"Oh nooooon..." geint-elle. Pendant qu'elle se questionnait sur les bruits, et leurs dommages collatéraux, de la voisine du dessus (ou l'inverse, c'est tout comme, mais pas du dessous toutefois), elle s'épilait. Et voilà que l'épilateur électrique tombe en panne. Son doux et gracieux bruit de moteur se tait soudainement ! Elle désespère devant l'outil de mauvaise facture. Elle n'imagine pas mettre autre chose que sa petite robe ce soir...
Prise par ces considérations, elle ne remarque pas que l'homme de ses jours et de ses nuits est rentré de sa virée. En petite culotte, perdue dans les ronrons du dimanche matin, elle ne comprend pas tout de suite ce qu'il lui dit, appuyé au chambranle de la porte.
"Hummm ? Quoi !?
- J'te disais, j'en peux plus de ces poils dans la nuque ! A te voir comme ça, je me dis que j'irai volontiers me faire faire une épilation !
- Humm... Oui pourquoi pas... Ca a le mérite de faire disparaître les poils en silence."
jeudi 20 septembre 2007
L'Express du Nord...
Un bas-rouge âgé, qui a dû être beau jadis, puant et louchant sur chaque miette de pain trainant au sol accueille les voyageurs de la nuit.
Gare du Nord. Paris. Premier jour frisquet d'automne francilien. 22h.
Pas de musique d'ambiance.
Quelques voyageurs clairsemés dans la grande salle de la Brasserie l'Express du Nord. Certains, ceux qui sont colorés, ne sont pas bien servis, voire desservis.
Quand les sandwichs rillette arrivent, le vieux bas-rouge fait le pied de grue sous le guéridon. Mais nous n'aimons pas les chiens... Et il put !
Pendant la conversation, à peine chuchotée tellement l'ambiance est austère, glauque et silencieuse, une voix de crécelle nous demande "Vous avez pas la note, hein ?"
Et la note arrive, par dessus tes nombreux bagages. Et puis viennent les départs des autres voyageurs à la dérive. Et puis commence le bal du rangement de la salle et l'inévitable empilage de chaises.
Et puis nous nous en allons...
Je te dépose à la gare et t'aide à monter tes nombreux bagages...
Atmosphère !? Atmosphère !? ...
lundi 17 septembre 2007
Petite liste ridicule quoiqu'utile parfois
- Pour ne pas faire la vaisselle après un bon repas, passer plus fréquemment chez sa mère.
- Pour croire encore en l'amour, préférer attendre avec un peu d'amour physique.
- Pour éviter les poils de chat sur le tapis, préférer un chat-nu.
- Pour ne pas croiser la Dame Blanche sur la route, fermer les yeux dans les virages.
- Pour récupérer une vieille cocotte surcuite, la prêter à une copine qui voudra vous la rendre propre comme un sou neuf.
- Pour avoir l'air inspiré, préférer le speed au shit.
- Pour réussir à se brosser les dents 3 minutes durant, préférer marcher en brossant que mâcher en bossant.
- ...
lundi 10 septembre 2007
Les filles et leurs réflexes
Une fille, plus ça gère son budget et plus ça a des envies de bijoux et de fringues. C'est exponentiel.
Et c'est pour ça, peut-être l'avez-vous déjà remarqué, dans notre société précaire, que lorsque l'on félicite une fille sur sa tenue ou ses pendants, invariablement elle vous répondra un truc du genre :
"- Ah oui !? Vraiment ?! Tu aimes bien ?! Je l'ai eu à 4€ dans une boutique modeste rue des pas perdus."
3 éléments révélateurs :
1) Un étonnement surfait qui laisse sous-entendre qu'elle ne s'achète pas souvent de trucs et que ça fait plaisir que vous l'ayez remarqué.
2) Donner le prix réel de cet objet. Plus le prix est bas, plus la belle est auréolée d'une sorte de grâce. Elle gère donc bien son budget et sait faire de vraiment bonnes affaires !
3) Donner le lieu ou la ville où l'achat a été effectué. Deux objectifs à cela : Soit faire sentir à l'autre que c'est un exemplaire unique. Attention ! Tu vas pas aller à Londres pour trouver le même tee-shirt que moi ! Soit faire partager ses bonnes adresses avec une compatissance toute féminine finement pesée.
Ce jeu est exquis ! Tentez votre chance un jour... Vous en aurez bien l'occasion au bureau ! Coupez la parole de la belle juste avant qu'elle ne réponde au flatteur. Choisissez bien ces 3 éléments. En fonction de la personnalité de la belle, ordonnez-les dans le sens qui convient et amusez-vous !
Par exemple moi, demain, au bureau :
"- Ah oui ?! Tu aimes bien mes boucles ?! Elles sont faites artisanalement, en véritable nacre peinte à la main ! Et tu sais quoi ? La vendeuse était distraite tout en me racontant ses méthodes de fabrication et je les ai eus à 5€ au lieu de 15€. Elle s'est trompée en rendant la monnaie ! Siiii, j'te jure !"
dimanche 9 septembre 2007
6 mois déjà...
Vous n'aviez pas commenté à l'époque... question d'habitude des p'tits riens qui ne réclament pas de réponse, puisque tout le monde, enfin les 4 lecteurs de cet espace, me disent que ça ne demande pas de commentaire..
Toutefois, par respect de la petite histoire, de mes petits riens, je vous ressers cette prose à 2 balles :
Entre autres petites pensées ridicules que l'on n'ose avouer nourrir,
il en est deux qui concernent le corps médical et sa science.
1) Pourquoi nous, humbles mortels, attrapons-nous le premier rhume venu dans les transports en commun ? Pendant que le médecin, qui voit passer maintes et maintes grippés et autres scarlatineux, reste sain et sauf ?!
2) Pourquoi - s'il est entendu que les âmes arrachées à cette terre dans la violence et la douleur finissent par errer sans fin et par hanter le lieu de leur mort - les hôpitaux ne sont-ils pas les premiers endroits de retrouvailles des spirites du quartier ?!
Humm Humm...
j'avoue nourrir ces deux pensées ridicules dans toute la perplexité adorable des petits riens de nos folies quotidiennes.
Allez ! rassurez-moi, cela vous a traversé l'esprit par instants aussi, non ?
samedi 8 septembre 2007
La vie souterraine des hommes
1)
Elle était mal réveillée. Pour la première fois, elle failli louper sa correspondance, absorbée qu'elle était par les nouvelles de son pays que le "gratuit" local lui servait de bon matin.
Comme d'habitude, quelqu'un téléphonait derrière elle. Quel agacement la ville et ses transports en commun !
Oui mais le dialogue était fébrile : -"Bonjour. Oui ! Oui, oui ! Elle est en salle de travail ! Ca y est ! Non, je suis dans le train... Je suis anxieux tu sais. On s'appelle ce soir ?! Je te laisse, il faut que j'appelle Karim. Oui. Oui. Au revoir."
Elle le regarda passer devant elle. Elle le suivi des yeux lorsqu'il atteind le quai de la station, son portable vissé à l'oreille et sa malette dodelinant à son bras. C'est alors que son regard croisa, à travers la vitre, le nom de la station !
Elle se réveilla : -"Merde ! 'Faut que je descende !"
RER_01
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2)
Des sacs Tati (c) encombrent la rame. Une poussette mal repliée obstrue l'escalier qui permet d'atteindre l'étage du wagon. Bienvenu dans le RER A ! Elle est lasse mais davantage par une trop courte nuit d'ennui que par l'ambiance de son voyage quotidien.
Elle s'installe dans le carré attenant au sas encombré de la rame. Elle considère ce foutoir et se met à donner une histoire à ce qu'elle voit : Deux femmes. Rondes, noires et souriantes quoique marquées. Une petite fille sur un siège avec un bébé dans les bras qu'elle embrasse de façon compulsive. Des sacs avec des vêtements, ouverts à la poussière. La poussette et les anonymes du matin.
Elle se dit que ces femmes, de tous âges : 40, 36, 8 et 2 ans, sont en transit. Elle se dit qu'elles doivent se battre. Elle se demande où sont les hommes ? Et puis elle se dit que cette scène d'entre foyers, d'entre vies, elle l'a vu peut-être dix fois dans ces transports en commun et que jamais, oh grand jamais, ce ne fut des hommes à cette place. Jamais un homme n'a eu l'audace et l'irrespect d'encombrer une rame de RER avec sa vie, ses mômes et ses bagages, pour emmerder la langueur des anonymes...
Elle se dit que ses nuits vides valent mieux qu'une vie de violence et de combat. Elle se dit qu'elle est une merde et qu'il est important de donner de la consistance aux petits emmerdements de la vie d'un anonyme et qu'il est vital de croire en son voisin, en son prochun.
3)
Elle l'a reconnu. D' de Kabal. Elle l'a vu trois fois déjà. Elle aime son travail artistique et connait un peu son parcours et son inspiration. Elle fait mine de ne pas le regarder et joue aux mots croisés. Mais l'envie de poésie est trop forte !
Elle fouille dans son agenda et trouve un post-it pas tout à fait rempli. Elle retourne le bout de papier collant et y écrit ces quelques mots dans l'angoisse où il quitte la rame de métro avant elle. Pour que la poésie opère, elle veut que ce soit elle qui quitte le wagon pour lui glisser le post-it entre les doigts dans un effluve de parfum et un sourire esquivé...
Elle écrit donc : "J'aime beaucoup ce que tu fais. Tu parais bien moins imposant dans le métro ;-) Bon WE et bonne scène."
Pas de numéro de téléphone. Juste une signature à son prénom...
C'est le moment de sortir pour elle. Il est toujours là !!! Elle se lève et vacille lorsque le regard du slameur tombe sur les genoux de sa voisine qui se lève aussi. Elle attend un peu et se dresse enfin. Elle n'ose le regarder. Par respect et par pure poésie aussi. Elle lui adresse un bref sourire et lui indique le chemin de ses doigts où attend le post-it griffonné. Il la regarde l'air interloqué et attrape le papier.
Elle ne regarde pas le métro partir. Elle descend les escaliers de sa correspondance d'Austerlitz comme à l'ordinaire. Sauf que cette fois, elle est heureuse d'avoir fait un geste si gratuit et poétique. Elle est comme un brin d'embrun dans le métro. Elle aime bien. Et elle l'aime bien aussi.
Photos : (c) Christophe Jacrot http://christophe.jacrot.googlepages.com/
vendredi 17 août 2007
C'est l'enfer de la mode...
Spéciale casse-dédi à DoD'Ol' !!!!
En souvenir du seul délire dont je me souvienne de cette nuit noire...
jeudi 16 août 2007
2 salles, 2 ambiances...
Par pur désir du respect des traditions familiales, les férias de Dax furent un pèlerinage pittoresque et typique (Cf. Vio), auquel je me suis pliée avec délices en mémoire de papy Irénée.
Et comme à chaque 15 août, me voilà dans les TER Aquitaine, la tronche de travers, au milieu des bidons d'eau bénite, des bancs de scouts, des troupeaux de soeurs et autres transhumances de brancardiers...
Ca me fera toujours le même effet bizarre de la croisée des chemins où tout s'oppose, se croise, se voit et se perd de vue.
dimanche 12 août 2007
Eté pourri... tube en panne
C'est une année de merde 2007. Bon. Ce n'est que mon avis...
Il manque même les fameux tubes de l'été qui sauvent parfois quelques majors de l'industrie musicale pour les longs mois d'hiver...
Aaaaarrrgggfffffff... Ozone me manquait...
lundi 6 août 2007
Je lui dirai
Peut-être un jour je saurai ne pas précipiter les choses...
Peut-être un jour, j'aurai l'occasion de mettre en actes ce morceau si justement interprété par Alain Bashung...
Un jour, je ne serai plus cette boule d'impulsions et moi-aussi je saurai cultiver le don du secret et le charme des non-dits.
Et alors, je me torturerai pour trouver les mots bleus...
jeudi 2 août 2007
La radio pleure...
Enfant des années 80 j'ai, comme beaucoup d'autres, le souvenir de médias bien moins formatés qu'à ce jour. L'image médiatique était encore humaine et les plateaux littéraires, comme les programmes de variétés laissaient une place aux envolées de colère, de sensibilité ou de tristesse.
Comment oublier Gainsbourg brûlant un billet de 500F en direct, Denisot le visage mouillé de larmes en annonçant la mort de Coluche ou encore les propos frais des nouvelles radios libres aujourd'hui à la botte des annonceurs de téléphonie-musicalo-artistico-boursière.
Aujourd'hui quand l'émotion perce à l'écran ou à la radio, c'est uniquement dans le cadre d'une mise en scène débile et mièvre destinée à faire envoyer des sms ou des mails en pagaille à la faveur d'un invité subversif (tout est relatif) ou d'un chanteur en compétition !
Depuis quelques années, l'habitude veut qu'en été nous soyons informés des nouvelles grilles de programmes de la rentrée et des dessous de nos chers médias.
En surfant, me voilà vous rapportant 2 moments de radio, dont un assez rare car censuré (la dernière de la Bande à Bonnaud), où la sensibilité et l'humanité s’immiscent dans les formats médiatiques à la con où nos pauvres vies de terriens torturés ne trouvent plus de reflet.
Petits riens humains qui ne devraient pas nous toucher ni même nous gêner, petits moments qui auraient été normaux il y a encore 20 ans, mais qui aujourd'hui valent le déplacement, tant ils surprennent par leur fragilité humble qui ressemble à notre âme humaine. L'image médiatique à donc une âme ?... parfois encore?...
Les larmes de Frédéric Bonnaud :
http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/06/la-derniere-de-la-bande-a-bonnaud/
Les larmes de Cyril Monnier :
http://podcast.blog.lemonde.fr/2007/07/19/les-larmes-de-lanimateur-fm/
mardi 10 juillet 2007
Pluie, poils, cabine téléphonique, été pourri et ami
Paris, 4 juillet 2007, 19:30
Un vent glacial accompagne ma sortie du bureau. Malgré cela, un timide rayon de soleil me laisse espérer une soirée lumineuse. J'ai rendez-vous avec un ami du Lycée. Je ne me rends pas encore bien compte qu'il s'agit d'une amitié de déjà 10 ans... Le temps, ce fripon. Pourtant si jeune et déjà calculant en dizaines. Je n'en reviens toujours pas !
Me voilà à l'heure au rendez-vous. Pas question de supporter le pilier de comptoir aviné et poilu (aucun rapport de cause à effet, juste des faits). Je prends ma conso et sors m'installer en terrasse, quai de Seine. Et j'attends... La terrasse se vide petit à petit à mesure que la pluie balaye le timide rayon de soleil. Mais moi je reste. Je suis contre la baie vitrée et sous le rebord du toit. Position stratégique apprise des chats. Ils longent les murs les soirs d'orage. Ainsi ils captent la chaleur qui émane des pierres et évitent l'humidité. Seule. À l'abri du vent et de la pluie, mon esprit vagabonde du peuplier à la Seine, en passant par les passants d'où devrait jaillir Greg'.
Il est en retard. Je n'ose vider mon sac à main pour la troisième fois. Je suis certaine d'avoir oublié mon portable. Ma conso est finie. La terrasse est vide et il pleut si fort. Je replie le programme des festivals en plein air parisiens du mois de juillet, prends mon sac et mon courage pour gagner le métropolitain.
Je n'ai pas de parapluie. Jamais. Je déteste cet objet. Depuis toujours j'ai préféré être mouillé plutôt qu'encombrée de cette canne humide et volumineuse, vouée à être égarée sous le premier siège utilisé. Alors je cours.
Dans la station, le téléphone du mec derrière moi joue "jingle bells". Coup dur. Mais merde !!! Ce devrait être une douce soirée d'été en bord de Seine avec un vieux pote adoré et l'ambiance a des relents de tartiflette au Gewurztraminer !
C'est alors que je me souviens avoir mon répertoire papier sur moi. Je sors de la station et quitte les patates chaudes au vin blanc pour entrer dans la première cabine téléphonique.
"Allo Greg' ?
- Oui, je suis désolé. Il pleuvait tellement que j'ai préféré prendre la voiture de fonction plutôt que mon scooter. Je tourne dans le quartier depuis une heure !
- Mais où es-tu ?
- Je suis là, tout près. Au coin du cinéma.
- Ne bouge pas, mets tes warnings et j'arrive !"
Le temps, ce fripon... A bien faillit nous faire rater une soirée au rhum sous une tonnelle !
Et si la pluie tambourinait au-dessus de nos têtes, et bien le soleil, je crois, était dans nos deux coeurs.
mardi 12 juin 2007
Petit arrangement entre voisins

À la rédaction de France Bleu quelque chose, les journalistes, pigistes et autres stagiaires n'ont pas de parking réservé en plein centre ville de quelque chose. C'est bien dommage. Car les pervenches sévissent partout sur cette bonne vieille terre de France !
Ainsi, ces bougres de journalistes ont-ils versé du côté du négoce pour parer cette problématique situation.
Et c'est en offrant une bouteille de rouge par mois au voiturier de l'hôtel d'en face, qu'ils récupèrent le nouveau code mensuel de la barrière du parking privé hôtelier. Voilà, il me semble, un chouette pot de vin à la barbe du Trésor Public ! Jolie merveille de bon voisinage pour simplement poser sa voiture en lieu sûr avant le turbin.
Il me semblait que ce troc viticole et pittoresque valait la peine que je remette le pied à l'étrier des petits riens !
lundi 9 avril 2007
Carrefour Prévert

Se trouver à un endroit où tout est doute, toutefois parsemé de certitudes. Le fait de se trouver à un endroit où tout se trouble, pendant que des éclaircies percent. Le fait d'avoir à naviguer sur le Cap Horn de l'âme dans un tanker tanguant… - Je m'efforce de retrouver cette sensation, cet état d'âme, lorsque je passe à un carrefour… - L'image de la croisée des chemins est troublante, bien qu'apaisante. Ces panneaux directionnels contre nos pauvres pédales sur l'asphalte. Cet instant de crainte dans la peur de se perdre. Et puis cette fraction de seconde où l'on se sent pousser des ailes, on a le choix de tourner le volant et aller où l'on souhaite ! Carrefour Prévert… lorsque j'y passe. J'y capte cet état d'âme. J'arrive à sentir les plaques tectoniques de la croûte terrible. Chaque fois, à cet endroit, les étoiles déroulent un tapis scintillant qui s'impose dans le champ de vision. Six routes se croisent. Les étoiles défilent. Le temps s'évade. L'âme glisse. Une direction est abandonnée. On voit en filer une autre, dans le rétroviseur de gauche, où passe l'éclat d'une bande réfléchissante. On en tient une. Et puis l'on se perd dans le champ d'étoiles qui s'étale. On trébuche dans Vénus et l'on part en quête de l'étoile du Nord qui guide tant de gens, vers…
Et c'est à ce moment que l'effet magique de la croisée des chemins prend fin. Parce que, comme d'habitude, la bonne voie est prise et un grand axe unique ouvre sa gueule. Plus question de carrefour, de croûte terrible ou de Prévert. La voie est droite, elle kidnappe à la limite les étoiles. La direction du ciel reste indiquée.
vendredi 23 mars 2007
En marches !
Chaque jour je descends et puis, plus tard, je monte, un petit escalier.
Il ne compte qu'une douzaine de marches. Mais cette douzaine a le don de m'agacer.
Car la hauteur des marches me semble faible. Cette douzaine casse le rythme de ma marche.
Un jour, dans une émission radiophonique, quelqu'un a dit qu'une marche devait faire 18 cm de hauteur pour assurer un bon confort de mobilité. Il a rajouté, si une marche fait 17 cm ou 19 cm, l'homme en marche risque la chute.
C'est fou ! A ces mots mon petit agacement du matin trouvait son nom : le petit escalier avec sa douzaine de petites marches.
D'ailleurs, il existe sur Internet des calculateurs d'escaliers destinés aux apprentis artisans. Et effectivement, on y confirme qu'une marche, pour qu'elle soit confortable, doit mesurer entre 16 et 19 cm.
Et bien depuis ce jour, lorsque je descends et puis, plus tard, que je monte le petit escaclier, plutôt que de m'agacer, j'évalue le confort de la douzaine et j'avance en me questionnant.
Un soir je crois, je percerai le mystère et j'irai mesurer la hauteur de ces marches. Mais pas avant d'avoir épuisé le plaisir de commencer et de finir chaque jour par un questionnement si léger.
vendredi 16 mars 2007
La science aussi connait ses mystères
Entre autres petites pensées ridicules que l'on n'ose avouer nourrir,
il en est deux qui concernent le corps médical et sa science.
1) Pourquoi nous, humbles mortels, attrapons-nous le premier rhume venu dans les transports en commun ? Pendant que le médecin, qui voit passer maintes et maintes grippés et autres scarlatineux, reste sain et sauf ?!
2) Pourquoi - s'il est entendu que les âmes arrachées à cette terre dans la violence et la douleur finissent par errer sans fin et par hanter le lieu de leur mort - les hôpitaux ne sont-ils pas les premiers endroits de retrouvailles des spirites du quartier ?!
Humm Humm...
j'avoue nourrir ces deux pensées ridicules dans toute la perplexité adorable des petits riens de nos folies quotidiennes.
Allez ! rassurez-moi, cela vous a traversé l'esprit par instants aussi, non ?
