lundi 9 janvier 2012
des images, des figures
La dernière séance d'enregistrement de Billie Holiday. 1959. Une photographie de Milt Hinton.
La terreur. De la frousse, des frissons dans le dos et une boule dans le ventre. Suivre des yeux la voûte noire de cette silhouette rabougrie et trébucher dans l'ombre qui plane derrière elle. Pour tout décor un pupitre, un micro et un verre plein. La musique, la voix et l'alcool. Cette photo fout la frousse, met mal à l'aise. Chaque bout de sa peau, la lumière sur ses doigts, chaque pli de son visage, la lumière dans ses cheveux, ce twin-set noir rigide et cette jupe de laine et cette montre-pendentif.
Ce malaise me touche. Derrière une épaisseur de gêne apparaît une chaleur étrange qui transforme la peur en tristesse. Comme dans la vie, la peur que l'on ressent face à une personne, face à un choix ou à un endroit, une fois mise à l'épreuve du temps et le plat réchauffé, devient une sourde et lourde tristesse.
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